Marcelo Veras

Directeur général de l’Ecole brésilienne de psychanalyse (2013-2015)

Qu’est-ce que c’est révélé et voilé à partir de l’expression « l’Empire des Images »? L’inéluctable modalité du visible – une expression de Joyce – reçoit un nouveau port dans le siècle des caméras et des écrans de tous types. Un empire, en suivant la référence de notre domaine, est au moins une expression sans précédent, étant donné que la fragmentation symbolique exclut du monde contemporain tout maître qui se prête à être absolu. Donc, on doit conduire l’expression «Empire» à un second niveau de lecture. Les images règnent sans véhiculer des sens, des lois ou des règlements. Elles prévalent parce qu’elles nous asservissent sans rien désirer. Elles prévalent dans le vide de l’inexistence de l’Autre comme pur semblant de ce qui se voile, c’est à dire, le regard lui-même.

Le VII ENAPOL aura la tâche d’enquêter sur la vacance de ce regard dans la clinique actuelle de plus en plus prise par la séduction du corps visible. La fascination des scanners et des tomographies nourrit le projet de transformer l’humain dans une matière transparente, sans points obscurs ou impénétrables. La psychanalyse, en ce sens, va à contre-courant en proposant une certaine opacité. L’accent est trop mis sur une clinique qui reconnaît que le réel n’est pas complètement visible. En plus des images, il est de maintenir un regard clinique qui sait que chaque cas inclut un angle mort: c’est la jouissance irréductible à l’image d’elle-même. Il y a quelque chose qui dépasse toujours l’image et ne trouvera jamais un lecteur optique à déchiffrer son code à barres. Les trois Écoles de l’Amérique ont déjà commencées leur travail. Notre bulletin d’information est le point de Rencontre qui précèdera la Rencontre Réelle. Voilà une bonne utilisation de la virtualité.

Traduction du portugais: Adriano Messias