affiche_lumiere2Le cinéma a 120 ans, comme la psychanalyse (Etudes sur l’hystérie 1895).

A l’occasion de cet anniversaire, s’est tenue au Grand Palais à Paris de mars à juin 2015 une exposition : « Lumière. Le cinéma inventé »

Cette exposition, qui s’attachait autant à la personnalité des frères Lumière qu’à leurs multiples inventions dans le domaine de la photographie et du cinéma, a permis de revoir l’ensemble de leurs films sur un immense mur numérique.

 

De l’image photographique au cinéma : l’introduction du mouvement

Avant la photographie, c’est la peinture qui avait pour rôle la représentation de la réalité.

Il y a 36000 ans Homo sapiens dessinait déjà des fresques dans des grottes, par exemple la grotte Chauvet en Ardèche, dont la réplique a été inaugurée en avril 2015[1].

Dès le début du XIXème siècle, l’invention de la photographie, revendiquée par Niepce, Daguerre et Fox, et beaucoup d’autres, transforme la représentation du monde et des personnes.

Les lyonnais Louis et Auguste Lumière, dits les frères Lumière[2], sont des industriels et des inventeurs d’abord dans le domaine de la photographie. Leurs deux noms resteront toujours liés : ils se sont promis de ne pas se quitter et épouseront deux sœurs, au cours de leur vie, ils déposeront 170 brevets ensemble.

Contrairement à une idée reçue, les frères Lumière n’ont pas réalisé les premiers films existants, c’est l’américain Thomas Edison, inventeur du phonographe, qui les réalise grâce à son Kinétographe dès 1891 ; mais ses films ne pouvaient être visionnés que par un seul spectateur à la fois grâce à son Kinétoscope.

Louis Lumière, inventeur génial fait une synthèse des inventions qui préexistaient, et met au point un mécanisme ingénieux inspiré du mouvement de la machine à coudre de sa mère, qui permet à la fois de filmer et de projeter les films pour une assemblée de spectateurs.

Le premier film tourné par Louis Lumière est Sortie d’usine, plus connu aujourd’hui sous le nom de La sortie des Usines Lumière[3]. Il a été tourné le 19 mars 1895, à Lyon rue Saint-Victor, actuellement nommée rue du Premier-Film. La première représentation privée du Cinématographe Lumière a lieu à Paris le 22 mars 1895 dans les locaux de la Société d’encouragement pour l’industrie nationale. Dans la foulée, Louis Lumière tourne durant l’été 1895 le célèbre Jardinier qui deviendra plus tard L’arroseur arrosé. C’est le film le plus célèbre des frères Lumière et la première des fictions photographiques animées.

Les frères Lumière ont créé le dispositif de la salle de projection, et la première projection publique et payante des frères Lumière a lieu le 28 décembre 1895 au Salon indien du Grand café de l’hôtel Scribe à Paris, devant 33 spectateurs.[4]

A partir de 1896, des opérateurs Lumière, de jeunes gens originaires de tous milieux, ont été envoyés dans le monde entier pour filmer, « pour apporter le monde au monde ». En tout 1422 films ont été tournés en dix ans, montrant la vie comme on ne l’avait jamais vue, ce sont des films courts (55 à 58 secondes), des scènes de la vie quotidienne, souvent humoristiques. Ils découvrent les travellings, en plaçant leurs caméras dans des péniches ou des trains, les gros plans, le suspense, le cadre et le mouvement, en un mot : la mise en scène. Ces films sont joyeux, on voit des protagonistes ravis d’être filmés. On se régale de citer les titres des films, en dehors des plus connus : L’arrivée du train en gare de la Ciotat, La fumerie d’opium, La baignade des chevaux à Mexico, Le village de Namo, Les Krémo, La danse serpentine avec Loïs Fuller…

Ces films sont impressionnés sur de longs rubans de pellicules en celluloïd de 35mm de largeur, et projetés à 24 images par seconde.

Par la suite, les frères Lumière sont revenus à l’image photographique, inventant les premières photos en couleurs, ou autochromes[5].

Ils sont aussi les inventeurs du cinéma en 3D. Dès 1935, Louis Lumière présente à l’Académie des Sciences son invention qui permet de voir l’image en relief, grâce à des lunettes unissant le rouge et le bleu.

 

De l’image argentique à l’image numérique

Depuis une vingtaine d’années, le passage de l’argentique au numérique a définitivement transformé les façons de tourner et de projeter. La pellicule a disparu au profit du numérique. L’ère numérique a opéré un changement de nature de l’image capturée et de l’image projetée. Internet, vidéo, réseaux sociaux sont utilisés par tout le monde, pour des usages personnels : pour faire part d’un événement, être suivi dans un voyage, on envoie des photos sans légende. Montrer, voir et être vu, voilà la question. Plus besoin de mots. Et nous sommes sous le joug de l’empire des images jusqu’au plus horrible, quand les terroristes djihadistes envoient sur Internet le film des meurtres qu’ils commettent.

En conclusion,

La disparition de la pellicule filmique n’a pas entraîné la disparition du cinéma. Le numérique est capable d’offrir des résultats incroyables, dans le domaine des effets spéciaux, et des effets sonores. Un petit disque dur est plus facile à transporter que plusieurs bobines de films.

Mais comme les éditeurs luttent pour la pérennité du livre sur papier, certains cinéastes font de même pour conserver l’usage des pellicules.

Certes, le mur des 1422 films des frères Lumière a été réalisé grâce au numérique. Mais les experts disent que le seul moyen de conserver des images numériques est de les transférer sur pellicule.

Et les psychanalystes doivent être à l’heure de cet empire des images vampirique, et continuer à inventer et à faire exister la psychanalyse au XXIème siècle.

[1] Grotte Chauvet – La Grotte Chauvet-Pont d’Arc – Ardèche …archeologie.culture.fr/chauvet/fr

[2] Auguste et Louis Lumière — Wikipédia

https://fr.wikipedia.org/wiki/Auguste_et_Louis_Lumière

[3] La sortie de l’usine Lumière à Lyon (1895) – Frères Lumière …

▶ 0:39

 

[4] Les frères Lumière, première projection de films. – YouTube

▶ 8:20

www.youtube.com/watch?v=LubYjGDNun8

[5] Les autochromes Lumière www.autochromes.culture.fr/